Lancer de javelot

Le lancer de javelot avec propulseur

Le lancer du javelot semble être l’épreuve la plus proche de nous. Pourtant, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Notamment, aucun chercheur n’explique pourquoi les grecs utilisent un propulseur. Pour beaucoup d’entre eux, les grecs lancent le javelot avec une prise d’élan comme aujourd’hui, mais cela n’explique alors pas quelle est l’utilité du propulseur. Lors de notre expérience, durant l’émission « Les champions d’Olympie », nous avons remarqué que les jeunes athlètes n’arrivaient pas à bien utiliser leur propulseur et finissaient par attacher le propulseur sur la hampe de bois du javelot; ils lançaient finalement ce dernier comme aujourd’hui. Le propulseur devient alors obsolète. Alors que nous savons que dans toutes les techniques de propulsion, le lanceur se détache du projectile: javelot préhistorique, flèche polynésienne, catapulte et autres armes d’artillerie antique ou médiévale, jusqu’à la navette spatiale américaine qui se débarrasse de son lanceur pendant le vol. Cela s’explique facilement, le propulseur est censé amélioré la qualité du vol, tant au niveau de la distance que de la direction, et non pas l’handicaper en créant des turbulences. Il ne peut pas dans ce cas rester attaché car les données balistiques sont claires : tout ce qui dépasse du fuselage de l’ogive, du projectile, crée avec les frottements de l’air, des variations du flux de l’air circulant sur le dit projectile, variations qui s’avèrent nuisibles à la qualité du vol, notamment en faisant varier sa trajectoire et en diminuant considérablement son énergie donc sa distance de vol. De plus, les sources sont claires, les grecs entouraient le javelot avec « l’ankyle » qui reste dans la main quand le javelot prend son envol. Il est donc indiscutable que le propulseur doive rester dans la main du lanceur.

javelo 1  Javelot 2

Les hypothèses expérimentales pour le lancer de javelot.

Nous avons par conséquent cherché dans différentes pratiques modernes tout ce qui pouvait nous aider, nous offrir des pistes. La flèche polynésienne nous a donné de bonnes indications pour l’utilisation du propulseur, alors que les pratiques du javelot moderne nous ont aidés sur les points importants du vol. Mais ce sont les données historiques et archéologiques qui nous ont donné les meilleures indications afin d’établir nos hypothèses expérimentales. Nous avons pris en compte différents éléments:

* D’abord, l’architecture des stades: des quadrilatères longs et étroits (Olympie env. 200m sur 35m), puis le côté sacré des jeux. L’architecture des stades grecs diffère de celle de nos stades modernes d’athlétisme: si aujourd’hui nos stades sont plutôt équilibrés avec une forme ovale et des dimensions de longueur et de largeur quasiment égales, et des gradins construits en dur qui entourent l’enceinte des compétitions, le stade grec, lui, est beaucoup plus long que large, on peut même dire qu’il est très étroit : les spectateurs sont assis sur des buttes herbeuses qui partent du bord de l’aire de compétition. Les personnes qui assistent aux exploits des athlètes sont presque sur la piste du stade. Ces particularismes architecturaux ont une influence importante sur les épreuves de lancers notamment. Pour le javelot par exemple, il faut envoyer le projectile le plus loin possible, mais aussi prendre soin de bien rester dans l’aire de lancer qui est bien plus étroite (3 fois moins) que celle de nos stades. Cette obligation de précision dans les lancers de javelot explique l’utilisation du propulseur par les grecs.

Ensuite, le côté sacré des compétitions impose une désignation du vainqueur incontestable, contrairement aux compétitions modernes pendant lesquelles nous voyons régulièrement des vainqueurs être contestés, la faute aux erreurs d’arbitrage et aux règles souvent trop complexes.

A partir de ces données, nous avons établi les hypothèses suivantes

* Les lancers antiques doivent tenir compte à la fois de la distance et de la précision.

* Il faut pouvoir exécuter le lancer, quelques soient les conditions climatiques, avec une précision identique.

* Il faut que le vainqueur soit déclaré sans équivoque avec un lancer parvenu dans l’aire définie, et qu’il ait utilisé un javelot très léger (vraisemblablement en sureau ou en canne, d’une longueur d’environ 160-180 cm, avec une pointe en bronze de forme pyramidale, qui n’est ni adaptée pour la guerre ni pour la chasse, et de quelques dizaines de grammes seulement).

Le tout sans élan.

Dans ces conditions, le propulseur donne un réel avantage afin d’assurer la précision du tir et sans élan. La course d’élan n’est influente dans un lancer moderne que sur les deux derniers pas (le HOP). La phase d’accélération du projectile et la hauteur du lâcher, ainsi que les différents angles d’altitude et d’envol sont beaucoup plus importants que la prise d’élan dans la performance obtenue.

Javelot 3  Javelot 4

 

 

 

Installation      propulseur 1                            Installation  Propulseur 2

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