Fin de règne du théâtre romain

Fin de règne pour le théâtre romain

La question se pose régulièrement : pourquoi et comment disparaissent ces grands jeux et parmi eux les ludi scaenici? De nombreuses raisons sont évoquées et, le plus souvent, on pense que les Empereurs chrétiens ont mis fin à ces ludi parce qu’ils représentaient un passé païen révolu. Cette explication nous semble un peu simpliste, surtout quand on sait que l’Eglise des premières heures n’a jamais hésité à reprendre à son compte, en les transformant, toutes les activités païennes qui pouvaient étendre son influence (au début du Moyen-âge par exemple, représentations théâtrales sans textes comme les Miracles ou les Mystères, qui servaient de propagande religieuse). Mais les ludi,même très importants pour le peuple romain, n’ont jamais eu la faveur des premiers chrétiens.

Pour nous, les raisons de leur abandon semblent plus pragmatiques. Sachant que les jeux scéniques sont réalisés par des troupes professionnelles composées non seulement d’acteurs mais aussi de musiciens, de chanteurs, et d’au moins un auteur; mais aussi, comme pour les troupes de gladiateurs, d’un médecin, d’un impresario et d’un ensemble d’esclaves subalternes : les coûts de production étaient véritablement énormes. Nous pensons que c’est là la véritable raison de la disparition des grands jeux. Petit à petit, l’Empire n’a plus eu les moyens d’entretenir des troupes professionnelles qui revenaient très chères, de former des acteurs, de payer des auteurs, des décors, etc… La structure même des ludiles a menés à leur perte. En effet, l’exigence d’avoir des équipes professionnelles et un encadrement important a impliqué des coûts trop élevés pour l’Empire dégringolant. Les jeux dits à la grecque, puis les jeux scéniques, et enfin les jeux de gladiateurs en ont fait les frais. Seules les courses de chars réussirent à durer encore, vraisemblablement quelques siècles, avant de disparaître elles aussi.

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