Le théâtre romain : généralités

L’histoire du théâtre à Rome débute en 240 av. J.-C., lorsqu’Andronikos donne les premiers ludi scaenici… Mais d’après Tite-Live (VII, 2), il faudrait placer l’origine du théâtre en 361 av. J.-C. Les premiers acteurs auraient été des jeunes gens (en âge de porter les armes) qui auraient modifié des danses étrusques en y ajoutant des vers fescennins. Puis, des acteurs professionnels, nommés histriones, de l’étrusque hister, se seraient approprié le nouveau genre ainsi créé. Les histrions auraient alors, toujours selon Tite-Live, ôté les vers fescennins et donné des spectacles plus proches du chant et de la danse, spectacles accompagnés par un joueur de flûte. Cet accompagnement par un joueur de flûte se retrouvera tout au long de l’histoire du théâtre latin.

C’est ensuite à Livius (Andronicus) que nous devons les premières pièces comportant une intrigue. Mais l’origine du théâtre selon Tite-Live demande à être considérée avec prudence en ce qu’elle semble davantage répondre à un désir de la relier à des circonstances étiologiques qu’à un souci réel d’objectivité.

Considérons néanmoins les deux périodes que Tite-Live décompose ainsi : une première période correspondrait à une phase polémique, et une deuxième période serait représentée par la comédie nouvelle des auteurs romains. Notons également que les origines étrusques du théâtre tiennent en grande partie à celles que le grand historien romain lui a attribuées, notamment à partir de l’étymologie étrusque du terme hister.

Cluvius Rufus, autre historien romain, donne pour sa part une version différente des évènements rapportés par Tite-Live et prétend que l’épidémie décrite par ce dernier aurait fait périr tous les acteurs romains nécessaires à l’accomplissement de certains rites : il aurait donc fallu faire venir des remplaçants d’Etrurie, d’où l’hypothèse quelque peu mythique d’une origine étrusque pour le théâtre. La description d’une Pompa censée s’être déroulée en 496 par Denys d’Halicarnasse, auteur grec du Vèmesiècle avant notre ère, alimente cette hypothèse. Quoiqu’il en soit, il ne faut pas confondre cérémonie à grand spectacle et théâtre régulier. La vraie préhistoire du théâtre latin se trouve incontestablement dans le théâtre grec et dans sa diffusion en Italie par la Grande Grèce.

Le théâtre semble si profondément ancré dans la culture romaine que les transformations subies n’ont jamais changé profondément sa nature, à l’image des autres grands spectacles romains : cirque, amphithéâtre, stade. Il est pour nous et sous tous ses aspects, insolite, inscrit dans une pratique rituelle typiquement romaine, celle des ludi. Certes, le théâtre n’est pas né avec Rome : il est le résultat de sa rencontre avec l’hellénisme culturellement dominant au IIIème siècle av. J.-C. Mais il est aussi, comme la gladiature, la synthèse entre deux ou trois cultures, la culture grecque (du sud de l’Italie), la culture étrusque et la culture romaine. Le théâtre et la gladiature, tout comme le cirque, sont devenus des fondements essentiels des pratiques culturelles romaines. Si l’on peut raconter la civilisation romaine par l’histoire de ses batailles, on peut tout autant raconter l’histoire de Rome au travers de ces «spectacles».

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