Mise en scène et masques

Mise en scène et masques

La mise en scène est calquée sur le même modèle et se réduit parfois à un simple défilé interminable sur scène. Le public applaudit avant même le début de la pièce. Il y a une dichotomie entre décors, costumes, mise en scène d’une part et le jeu d’acteur d’autre part. Tous les intervalles de début, de fin et de transition sont marqués de façon exagérée. Le rideau se lève, le prologue annonce le début de la pièce et annonce aussi tous les détails concernant l’histoire : le lieu, les noms des personnages et l’intrigue. Les conditions de la représentation en terme de durée, de nombre de spectateurs, mais aussi la fonction de la représentation au sein des ludi, implique ce type de mise en scène. Tout au long de la pièce, le marquage est insistant jusqu’au final, où l’on demande au public d’applaudir, averti en cela par la claque officielle et la fermeture du rideau : les jeux sont faits. Les indications qui interviennent tout au long de la pièce, redondantes par rapport aux actions qui se déroulent sur la scène, martèlent encore la spécificité des pièces antiques. Comme par exemple, nous retrouvons régulièrement un esclave qui court, le prologue annonçant simultanément le personnage qui court.«Voyez Davos, faire le servus currens». La mise en scène est aussi réglée pour occuper l’espace scénique. Tout monologue est une prise de possession par la voix, et toute danse une prise de possession de l’espace, contraignant les autres personnages à l’aparté. Le dialogue, lui, est un duel pour s’approprier l’espace. Duels vocaux ou duels dansés selon le type de pièce car l’agilité est le propre du comédien, tandis que la puissance vocale est la spécificité du tragédien.

La question du masque divise les chercheurs et les historiens. Nous proposerons pour notre part une réponse simple : les éléments archéologiques montrent l’utilisation de masques de façon constante dans l’espace et le temps pour tous les types de jeux scéniques. Il est évident qu’on ne peut s’avancer au point d’établir une généralité à partir de cette constante archéologique, mais le masque semble être un instrument majeur des jeux scéniques romains. Il semblerait que cette culture du masque soit une importation d’origine étrusque et osque. Le masque serait donc un objet exotique dont les romains se seraient approprié l’utilisation. Ceci n’est pas vraiment étonnant car nous retrouvons ce principe dans de nombreux autres domaines, celui de la guerre notamment. Les romains sont familiers de la méthode : prendre aux voisins leur technologie, parfois même leur coutume ou leurs dieux, les adopter et les intégrer complètement à la culture officielle. L’origine étrusco-campanienne des masques n’enlève ainsi rien à leur utilisation régulière dans les jeux scéniques romains.

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