Phase expérimentale

Nous en avons mis en place trois différentes :

La première phase permettra aux athlètes expérimentateurs la prise en main de «l’engin» et la validation de positions de base. Lors de cette étape, nous avons volontairement fait le choix de ne prendre en compte que l’iconographie des manuscrits et de ne pas s’attarder, dans un premier temps, sur les textes des dits manuscrits.
La deuxième phase mettra en corrélation les premiers gestes et les premières problématiques établis avec les textes liés aux iconographies étudiées. Ceci, afin d’éclairer textes et images avec le projecteur de l’archéologie expérimentale. Cette étape permettra d’établir de façon plus précise la fabrication et les données architecturales de cette arme dont nous n’avons aucun exemplaire archéologique.
La dernière étape établira la relecture des premiers documents et tentera de percer le mystère de la naissance et de la disparition de ce grand bouclier de duel.
Cet article a pour objectif de présenter, notre première étape de travail. Il ne constitue en aucun cas un bilan expérimental.

Avant d’entreprendre la description de la première étape, attardons-nous sur la principale difficulté qui se dresse devant nous. Pour expérimenter le bouclier de duel, il faut des boucliers. Cette lapalissade pose de vrais problématiques, bien au-delà de la simple reconstitution.

D’abord le peu de données archéologiques et historiques sur cette arme rend sa reconstruction difficile. Quelles matières étaient utilisées? Quelles sont les tailles exactes, et y a t-il une seule taille? Processus de fabrication? etc…

Ensuite l’expérimentation nous contraint, afin de retrouver les bons gestes, à enchaîner des dizaines de combats ou d’exercices propédeutiques. Sans quoi nous ne pourrons pas faire l’expérimentation correcte de ce bouclier. Comment faire un bouclier qui respecte les données historiques mais qui soit assez résistant pour supporter les tests expérimentaux et la pratique quotidienne, alors que les originaux étaient sans doute considérés comme du «périssable»?

Une dernière difficulté de fabrication se présente à nous. Les pointes, crochets et autres parties létales de cette arme constitue un véritable danger pour les expérimentateurs.

Pour contrer ces aspects, nous prenons la décision d’opérer par étape et d’assumer le fait que l’expérimentation serait longue et ne pourrait se faire que par paliers. Nous prenons en compte aussi le fait que cette arme nécessitait, à l’époque déjà, un entraînement particulier, posant aux «précepteur d’armes» du moyen-âge les mêmes difficultés que nous rencontrons aujourd’hui pour l’expérimentation.

Pour le premier palier, nous décidons de fabriquer 4 boucliers, plus lourds, plus résistants probablement que les boucliers de l’époque. Ces objets ne sont pas des copies des originaux mais des outils de l’expérimentation. Ces 4 premiers boucliers doivent, en plus, être assez résistants pour subir de nombreux assauts et participer à la formation physique des athlètes. En effet, s’entraîner avec un matériel plus lourd permet de muscler spécifiquement les muscles mettant en action l’engin. Suivant le vieil adage «qui peut le plus peut le moins», les athlètes s’entraînant avec des boucliers plus lourds pourront travailler encore mieux avec des boucliers légers.

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